• Plan de relance et environnement : questions sur le soutien à la société Huhtamaki

    Un soutien de 200 000 € a été apporté par l’État, via le plan de relance, à la société HUHTAMAKI, exploitante à l’Île d’Elle (Vendée) d’une usine de fabrication d’emballages recyclés. Celle-ci s’avère cependant ne pas respecter ses obligations relatives à la qualité des eaux rejetées dans les milieux naturels. Elle a d’ailleurs reçu en début d’année une mise en demeure de la préfecture.

    De quoi interroger sur la prise en compte des critères environnementaux dans la distribution des aides du plan de relance.

    Plan de relance et environnement : question sur le soutien à la société Huhtamaki

    L'usine Huhtamaki de l'Île-d'Elle (Google Maps)

    Des rejets dans les eaux non conformes

    Comme toutes les usines du domaine de la papeterie, la société « HUHTAMAKI La Rochelle » utilise dans son process industriel une forte quantité d’eau. Les relevés d’autosurveillance des mois d’août, septembre et octobre 2020 mettent en évidence que les eaux rejetées par l’usine dans les milieux naturels ne respectent pas les normes qui lui sont légalement applicables : fortement chargées en matières en suspension (MES), demande chimique en oxygène (DCO) et demande biochimique en oxygène (DBO5), et ce façon quasi-systématique, les eaux rejetées par l’usine nuisent à la qualité de la masse d’eau « Sèvre Niortaise et Marais Poitevin » (FRGR0559b), déjà en état préoccupant.

    Ces faits relevés par l’inspection des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) ont d’ailleurs conduit le préfet, par un courrier du 19 janvier 2021, à mettre en demeure l’entreprise de régulariser sa situation dans un délai de 15 mois.

    Cette situation de non conformité de l’entreprise vis-à-vis de ses obligations environnementales est d’ailleurs ancienne, ainsi que l’avait montré une enquête publique organisée à la fin de l’année 2017 : celle-ci portait sur la régularisation de l’installation d’une nouvelle ligne de production intervenue en 2015 sans la moindre autorisation, et l’usine ne respectait pas l’arrêté préfectoral en vigueur lui prescrivant un recyclage à 100% de ses eaux.

    Un soutien qui pose question

    Si le soutien apporté via le plan de relance aux entreprises s’inscrivant dans la dynamique de l’économie circulaire est légitime, on peut en revanche s’interroger sur le fait que de telles aides puissent bénéficier à des entreprises ne respectant manifestement pas les règles environnementales.

    - La situation d’infraction de l’entreprise était-elle connue de l’organisme chargé de l’étude du dossier ?

    - Si non, comment cela s’explique-t-il ?

    - Si oui, les critères environnementaux ne sont-ils donc pas pris en compte dans la distribution des aides issues du plan de relance ?

    Par ailleurs, on ne manque pas de noter que cette société est une filiale du géant finlandais de l’emballage Huhtamaki et qu’elle déclare en 2020 un bilan positif de près de 50 millions d’euros. On peut s’interroger sur l’opportunité d’un soutien financier important de l’État (200 000 €) dans un tel contexte.

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