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Le blog de la fédération de la Vendée des associations de protection de la nature et de l'environnement.

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La « mort verte » des coquillages et crustacés.

Il s'agit bien d'une algue verte, mais de taille microscopique : rien à voir avec l'Ulve, ou salade de mer, visible à l'oeil nu, dont les épais dépôts sur les plages se décomposent à l'abri de l'air en libérant un gaz très toxique, l'hydrogène sulfuré ; marcher sur ces entassements libère brutalement le gaz, avec risque mortel pour qui le respire. On se souvient de la mort d'un cheval et de sangliers il y a quelques années dans les Côtes d'Armor ; depuis, la salade de mer – inoffensive en elle-même – a très mauvaise réputation.

Ces jours-ci, pas de dépôts massifs de grandes algues, mais une multiplication exponentielle – appelée « bloom » – du lepidodinium vert ; en effet, cet organisme peut se multiplier rapidement sous les effets conjugués d'une température élevée, et d'une concentration forte en sels minéraux que des pluies abondantes élèvent encore ; les courants marins dispersent les individus, mais si ces courants sont absents ou faibles, la mer prend une couleur verte ; on mesure alors 1 million de lepidodiniums par litre d'eau de mer... C'est là que les choses se gâtent ; le taux d'oxygène du milieu diminue brutalement, car la dégradation de ces organismes planctoniques au fur et à mesure de leur mort par les bactéries marines consomme beaucoup d'oxygène : petits animaux invertébrés et poissons sédentaires sont asphyxiés.

Malgré les différences de taille et de mode de vie entre microalgues et Ulves, les conditions d'apparition des eaux vertes et des accumulations d'algues sur les plages sont les mêmes, en particulier la concentration en sels minéraux. Or l'IFREMER indique que « la zone côtière située entre Quiberon et l’Île de Noirmoutier bénéficie d’un flux important de nutriments apportés du continent par la Vilaine et la Loire ». Parmi ces nutriments, les nitrates et phosphates, dont la libération dans l'eau de mer se produit aussi via nos fleuves côtiers. On ne peut rien faire contre les jours d'été chauds parfois pluvieux et sans vent ; on peut agir pour limiter les concentrations de sels minéraux liés aux activités agricoles et au traitement des eaux usées.

La présence du lepidodinium vert est observée sur le littoral atlantique depuis 1982, du printemps à l'automne, le plus souvent à moins de 100 000 cellules par litre, mais parfois bien au-delà en été, surtout en juillet-août, ou même entre juin et septembre-octobre. Heureusement, cet organisme planctonique ne produit pas de substances toxiques, et sa population finit par diminuer.

Ce n'est pas le cas d'une espèce voisine du lepidodinium, le dinophysis, qui rend l'eau rouge et libère des toxines dangereuses provoquant des troubles parfois graves ; dans ce cas, des consignes de sécurité sont diffusées et la vente des coquillages est interdite. Plus sympathiques, les noctiluques, autres dinoflagellés, sont d'un bleu phosphorescent la nuit, et de jour colorent la mer en rouge, mais sans conséquence dommageable...D'autres organismes, les Diatomées, peuvent donner des eaux brunes.

Les phénomènes d'« eaux colorées » sont surveillés par l'IFREMER, en particulier par télédétection. Et dans le cadre d'un récent projet de sciences participatives, promeneurs et plaisanciers sont invités à communiquer leurs observations au site PHENOMER (en Bretagne, mais on peut tenter de se joindre aux bretons...).

 

Sites à consulter :

Participation à la surveillance :

Fiches d'information sur les eaux vertes :

Site d'information sr l'environnement littoral :

 

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